ES1 / Cours de remplacement du 13 octobre 2016

"La malade", de Jan Steen (XXe s.). Source : BNF / Gallica.
« La malade », de Jan Steen (XXe s.). Source : BNF / Gallica.

Bonjour à tous,

je suis désolée de vous faire faux bond : souffrante aujourd’hui, je ne suis pas en état de me rendre au lycée mais ce n’est pas pour autant que je vous laisse sans travail. Voici, reproduit sur votre site, ce que nous aurions dû faire aujourd’hui. Les documents supports mis en ligne vous seront également distribués au format papier lundi.

[NB. Ce document sera rafraichi à 13h30 : vous y trouverez alors le corrigé du travail que je vous demande de faire en attendant].


1) Le point sur les deux textes complémentaires « Le beau tétin » et « le laid tétin », de Clément Marot.

Ces deux poèmes sont respectivement un blason (un poème qui décrit une partie du corps de façon élogieuse) et un contreblason (un poème qui décrit une partie du corps de façon péjorative) du « tétin », c’est-à-dire du sein féminin. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un concours que Marot a lancé en 1536, au moment de son exil à Ferrare. Comme nous l’avons vu en classe, à cette époque où il a été contraint de s’éloigner du royaume de France à cause des soupçons religieux qui pèsent sur lui et où il doit affronter par ailleurs les attaques de Sagon et de ses amis, Marot a besoin de rassembler ses partisans autour de lui et de (se) prouver que, malgré l’éloignement forcé, il n’a pas totalement perdu de son autorité et de son prestige dans le monde des poètes français. C’est la raison pour laquelle il incite ceux qui le souhaitent à lui emboîter le pas en écrivant d’abord des poèmes célébrant positivement des parties du corps de la femme. Un concours est organisé à la cour de Ferrare pour savoir lequel des textes proposés est le meilleur. Ce sera le blason du sourcil, du lyonnais Maurice Scève, qui sera choisi. Ces textes seront ensuite réunis et publiés dans un recueil intitulé Les Blasons Anatomiques du Corps Féminin. Dans un second temps, Marot inverse les règles du jeu : il s’agit alors de produire une description extrêmement négative, dans des contreblasons. A chaque fois, Marot accompagne son initiative d’un poème-exemple : ce sont ces textes que nous lisons.

Pour aller plus loin sur ces blasons et contre-blasons, et, notamment, découvrir la numérisation d’exemplaires du XVIe siècle, voyez ici le site de Cécile Alduy, professeur à l’Université de Stanford, aux Etats-Unis.

Pourquoi évoquer ces deux textes dans le cadre de notre séquence sur l’invective poétique ?
  • d’abord pour montrer que l’éloge ou le blâme peuvent être prendre place dans un jeu poétique (au même titre que l’invective) : on a affaire ici à une espèce de « battle » où chacun y va tantôt de son compliment le mieux tourné, tantôt de sa notation la plus cruelle non pas tant pour décrire une réalité ou faire état d’une constation véritablement observée, que pour prendre plaisir à faire la démonstration de son habileté en la matière.
  • C’est donc avant tout un jeu avec les mots : or la dimension ludique de la poésie est capitale à la Renaissance.
  • Il en va de même de la sociabilité : nous avons, avec ce concours des blasons et contreblasons, une nouvelle preuve que le poète de la Renaissance, contrairement au poète romantique, ne se perçoit pas comme un être isolé et incompris dans sa tour d’ivoire (même quand il aurait des raisons bien réelles de le penser, comme Marot dans son exil italien), mais au contraire comme un être social, pour qui les vers sont un moyen de nourrir et de renforcer, si possible joyeusement, ses relations aux autres.
2) Préparation de la Lecture Analytique n° 2 (LA2) : Du Bellay, Les Regrets, sonnet 69.

En cliquant ici, accédez au texte de Du Bellay.
En cliquant ici, accédez à la fiche « Focus sur le sonnet ».

Consigne du travail individuel préalable :

  • Remplir au brouillon un tableau en 3 colonnes [1] Citations / [2]Procédés d’écriture / [3] Effets produits
  • À partir de cette base, formuler le problème littéraire particulier que pose ce sonnet (problématique).
  • Elaborer un plan détaillé en deux ou trois grandes parties, elles-mêmes subdivisées en deux ou trois sous-parties contenant chacune la référence de l’exemple ou mieux encore des exemples exploités à cette étape de la démonstration (je vous dispense de rédiger l’introduction, les bilans-transitions et la conclusion).

Une fois que votre préparation est achevée (environ 1h / 1h15), cliquez ici pour accéder au corrigé du commentaire sur le sonnet 69 de Du Bellay. Lisez-le attentivement, en le confrontant à ce que vous aviez vous-même trouvé.

Pour lundi : notez au brouillon toutes les questions que vous voulez me poser sur ce corrigé et/ou les idées que vous aviez eu pour votre préparation, afin que nous en évaluions ensemble la pertinence.

Travaillez bien, et à lundi !