Le point sur les mouvements littéraires et culturels

On désigne sous le nom de « mouvement littéraire » une manière spécifique de concevoir la littérature qui, loin d’être propre à un seul écrivain, a, au contraire, caractérisé un grand nombre d’auteurs à une période donnée de l’Histoire. Ainsi, les Classiques ont globalement tendance à rechercher l’élégance et la sobriété du style, alors que les Baroques, tout au contraire, se reconnaissent par une forme d’exubérance et d’excès dans leur écriture.

Carte postale, Série des Mineurs, « La Classification des charbons. Les Pierreuses au travail »,
Béthune, éd. A. Fauchois, c. 1910. Source : Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand.

Il arrive que les auteurs de ces mouvements littéraires se donnent à eux-mêmes le nom qui caractérisera leur groupe dans l’Histoire littéraire. C’est par exemple le cas des surréalistes ou bien des membres de l’OuLiPo. Mais la plupart du temps ce sont des observateurs et commentateurs de la littérature qui, par commodité et, parfois, souci de simplification, ont donné ces étiquettes aux auteurs des siècles passés – ainsi, le mot « Humanisme » qui est employé depuis le XIXe siècle pour désigner un mouvement littéraire du XVIe siècle, n’apparaît dans la langue française qu’au XVIIIe siècle.

Pour les mouvements les plus importants, on retrouve les tendances concernées non seulement en littérature mais aussi dans tous les autres arts. C’est pourquoi on peut alors parler, plus largement, de « mouvement culturel ». Il existe ainsi une littérature romantique, mais aussi une peinture, une sculpture, une musique, une architecture qui peuvent être qualifiées par le même adjectif.

En revanche, les périodes d’attestation de ces mouvements ne sont pas forcément les mêmes selon les arts et/ou les pays concernés : ainsi, la littérature classique française correspond globalement à la production littéraire du règne de Louis XIV (1660-1715) tandis qu’en musique ce sont les œuvres composées entre 1750 et 1850 environ qui relèvent du classicisme. Autre exemple : ce que l’on nomme la Renaissance commence dès le XVe siècle en Italie, mais seulement au XVIe siècle en France.

Si ces classifications sont commodes et souvent utiles pour aborder l’étude des textes, il ne faut toutefois pas les utiliser de façon mécanique et automatique. En effet, toutes les œuvres n’entrent pas forcément dans ce type de catégories – et il peut d’ailleurs être intéressant de se demander pourquoi un auteur a pu faire le choix de rompre avec les tendances courantes en son temps, soit pour proposer quelque chose de neuf, soit au contraire pour revenir à des tendances passées. Pour cela, il faut bien sûr connaître précisément les caractéristiques des mouvements concernés mais aussi faire preuve d’esprit critique en se demandant à chaque fois honnêtement ce qui, dans le texte étudié, peut ou non correspondre à ces éléments de définition (et non se contenter, comme beaucoup d’élèves, de considérer que tout texte écrit au XVIIe siècle est forcément classique, que tout autre composé au XXe est forcément surréaliste… ce qui est souvent faux).

Précisons enfin qu’en l’état actuel de notre approche de l’Histoire littéraire, on observe un émiettement important des groupes de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle et qu’aucune catégorie globalisante n’a été jusqu’ici créée pour caractériser tout ou partie de la production littéraire composée entre le milieu du XXe siècle et le début du XXIe.

Dans le schéma ci-dessous, on trouvera de premiers repères pour situer dans le temps les mouvements littéraires les plus importants, mais aussi quelques-uns des groupes plus restreints qui ont fait date dans la littérature. Ce document ne prétend pas à l’exhaustivité (on aurait par exemple pu y placer aussi le symbolisme, l’instantanéisme, le dadaïsme, le futurisme, etc.). Pour une approche plus précise de chacune de ces catégories, on se reportera à des fiches spécifiquement consacrées aux groupes ou mouvements concernés.

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