Méthode du commentaire

Le but du commentaire composé est d’éclairer les enjeux d’un extrait d’une trentaine de lignes environ. Ce qu’il faut avant tout rechercher, c’est ce qui s’y joue d’unique.
Traditionnellement, un commentaire est composé : il suit un plan qui ne reproduit pas celui du passage étudié. Pour le bac toutefois, une organisation apparentée à l’explication linéaire – qui suit l’ordre du texte – est tolérée. Même dans ce cas, les titres donnés aux parties doivent ressembler à ceux d’un commentaire au sens strict : annoncer l’étude des lignes X à Y ne suffit pas. En outre opter pour la démarche linéaire, ne signifie pas juxtaposer des constats détachés les uns des autres. Chaque analyse doit s’intégrer dans une démonstration qui met au jour l’organisation interne du texte, de manière à rendre sensible l’unité de celui-ci. En d’autres termes, il y a bien une composition en explication linéaire, mais elle est imposée par la construction de l’extrait lui-même.

Travail préparatoire

Une étude de texte doit toujours s’appuyer sur des citations et des analyses stylistiques précises, sans pour autant perdre de vue le sens du passage. Fond et forme doivent être articulés et s’éclairer l’un l’autre. On commence donc par noter tout ce que l’on observe de remarquable voire d’étonnant dans l’expression : figures de style, procédés grammaticaux etc. sous la forme d’un tableau en trois colonnes indiquant les citations (1), l’analyse des procédés (2) et les effets produits sur le lecteur (3).
Lorsqu’on a procédé à ce débroussaillage, on essaie de déterminer la problématique, c’est-à-dire le fil directeur imposé par le texte. Il faut veiller à ne pas plaquer sur l’extrait un axe de lecture établi a priori. Pour cela, on prend en compte l’impression générale produite sur le lecteur, la composition de l’extrait, la situation d’énonciation ou encore le style du passage. Les entrées historiques et génériques aident parfois à formuler la problématique : on peut ainsi examiner la manière dont le texte s’inscrit ou non dans les normes d’une époque (c’est pourquoi il convient d’être toujours attentif au paratexte, qui indique la date de publication de l’œuvre) ou se demander en quoi l’extrait illustre l’une des caractéristiques du genre auquel l’œuvre appartient. Il ne faut toutefois pas prendre prétexte du passage étudié pour faire gratuitement étalage de ses connaissances dans ces domaines.
La problématique donne sa cohérence au commentaire et guide la totalité du travail. Elle produit une « dynamique ». Le correcteur ne doit pas avoir le sentiment que l’on a détricoté le texte pour en exhiber chaque fil sans tenir compte de sa place initiale, mais au contraire que l’éclairage choisi par le candidat permet de mieux comprendre le texte, dans son ensemble comme dans son détail.
Une fois qu’on a formulé sa problématique, on revient au tableau initial pour rassembler ce qui peut l’être. On constatera que plusieurs citations et procédés stylistiques différents concourent aux mêmes effets : cela signifie qu’il faut les évoquer dans une même partie. À partir de là, on délimite deux ou trois grands grandes parties. Dans un commentaire au sens strict, la totalité de l’extrait doit être examinée sous un angle différent dans chacune des parties. Il faut éviter de produire un catalogue d’observations détachées les unes des autres : il convient de ménager une véritable progression logique. Généralement, on commence par les éléments les plus simples pour aboutir à ceux qui sont le plus profondément enfouis dans le texte et qui, dans le feuilletage de la lecture, lui donnent toute sa valeur et sa richesse. On affine ensuite le travail en délimitant pour chaque partie deux ou trois sous-parties.
On prépare alors son plan détaillé, en faisant apparaître titres, sous-titres, citations à utiliser et résumé de l’analyse de celles-ci. Chaque sous-partie doit comporter au moins une citation du texte. Au brouillon, on n’a pas le temps de rédiger le corps du devoir, mais on prend toutefois le temps d’écrire le bilan-transition de chaque partie. Il synthétise les conclusions provisoires de la démonstration et indique la logique de l’enchaînement avec la partie suivante.

Rédaction de l’introduction et de la conclusion

Enfin, on rédige son introduction et sa conclusion, avec soin.
L’introduction articule trois étapes. On commence par présenter le texte. Si le rappel du titre, du nom de l’auteur et de la date de publication sont indispensables, elles sont insuffisantes à elles seules. On peut évoquer le genre du texte voire sa situation dans l’œuvre (une scène d’exposition dans une pièce de théâtre, par exemple) ou son type (une scène de première rencontre dans un roman, par exemple). Les éléments de cette présentation doivent préparer autant que possible l’annonce de la problématique, qui constitue la deuxième étape de l’introduction. Cet axe de lecture justifie enfin l’annonce du plan qui clôt l’introduction. Seuls les titres des grandes parties, intégrés dans des phrases intégralement rédigées, doivent être mentionnés. Ces trois étapes sont liées les unes aux autres. Il ne faut pas donner à son lecteur l’impression qu’on livre des informations détachées les unes des autres.
La conclusion peut être un peu plus brève que l’introduction. Dans cette ultime étape, on rassemble les éléments les plus marquants de la démonstration, en liaison avec la problématique. Pour autant, on évitera les formulations lourdes et maladroites du type « nous nous étions demandé dans la problématique si… nous pouvons à présent répondre que… ». Plus généralement, dans la version rédigée du devoir, il faut s’interdire l’emploi des termes qui relèvent de la « cuisine interne » de la préparation comme problématique, partie, sous-partie etc. Par ailleurs, conclure n’est pas répéter ce que l’on a déjà dit : c’est un moment de synthèse, on y prend une vue haute sur le texte. Il est possible de ménager une ouverture vers un autre objet de réflexion : cet extrait est-il représentatif – ou non – du mouvement littéraire auquel il se rattache ? du genre auquel il appartient ? évoque-t-il un autre texte dont il pourrait être rapproché ?… Toutefois, mieux vaut se contenter d’un bilan modeste mais honnête plutôt que de proposer une ouverture plaquée qui n’aurait rien à voir avec le texte étudié.

Rédaction et présentation du devoir

Le reste du devoir est rédigé directement au propre. On veillera à ne jamais faire apparaître de titres dans la copie : tout doit être intégralement et correctement rédigé. Il faut également marquer les étapes de la démonstration par sa mise en page : on saute deux lignes entre l’introduction et le développement ainsi qu’entre le développement et la conclusion, une ligne entre chaque grande partie, après le bilan-transition. Enfin, les différentes sous-parties doivent se présenter sous la forme de paragraphes distincts.
Toutes les citations apparaissent entre guillemets. Pour ce qui concerne les textes poétiques versifiés, la convention veut que l’on présente différemment citations longues et brèves. Dans le cas d’une citation de moins de deux vers, on cite à la suite de sa propre phrase, en respectant les majuscules de début de vers et en marquant la fin du vers par le signe /. En revanche si la citation est plus longue (ce qu’il faut autant que possible éviter), on respecte la disposition des vers en allant à la ligne et en ménageant un alinéa. Dans tous les cas, les citations doivent être intégrées aux phrases de façon à ce que celles-ci soient grammaticalement correctes.