Régles de l’épreuve orale de l’E.A.F

Après l’épreuve écrite, tous les candidats aux Épreuves Anticipées de Français du baccalauréat (E.A.F.), quelle que soit leur section, présentent une épreuve orale qui dure 50 minutes en tout (30 minutes de préparation + 20 minutes de passage oral), coefficient 2.

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Pierre Cousteau, Le Pegme,
Lyon, Macé Bonhomme, 1560. Source : B.V.H.

L’examen oral a pour but d’évaluer la capacité du candidat à mobiliser ses connaissances, notamment celles qu’il a acquises durant l’année. Si l’épreuve fait essentiellement appel au travail mené pendant l’année, elle ne se réduit pas à la simple récitation d’une analyse déjà faite en classe. On attend que l’élève :

  • manifeste ses compétences de lecture,
  • exprime une sensibilité et une culture personnelles,
  • fasse preuve de maîtrise de l’expression orale
  • et se montre apte à dialoguer avec l’examinateur.

En vue de l’examen oral, le professeur rédige pour l’ensemble des élèves de sa classe un « descriptif des lectures et activités » réalisées pendant l’année. Ce document rend compte de l’ensemble du travail effectué. Il précise le titre et la problématique de chaque séquence ainsi que l’objet ou les objets d’étude qui y sont abordés. Il mentionne explicitement les textes étudiés en détail dans chaque séquence (lectures analytiques), la démarche retenue pour cette étude ainsi que les documents complémentaires et les lectures cursives (faites à la maison et évoquées plus rapidement en classe). Il fournit toutes les précisions nécessaires pour que l’examinateur soit informé pleinement et sans équivoque du travail du candidat. Ce descriptif est signé par le professeur et visé par le chef d’établissement.

L’examen oral est composé de deux épreuves. Chacune dure 10 minutes et est notée sur 10 points. Les deux exercices s’enchaînent. Ils sont précédés d’un temps de préparation de 30 minutes durant lequel le candidat prépare l’étude d’une des lectures analytiques effectuées dans l’année en répondant à une question posée par l’examinateur. Dans la première partie de l’épreuve, le candidat présente librement ce commentaire guidé par la question posée, sans que l’examinateur l’interrompe. La seconde partie est un entretien entre le candidat et l’examinateur, portant sur la séquence dont le texte expliqué précédemment a été tiré ou sur l’objet d’étude dont il relève.

Explication guidée par une question

Pour la première partie de l’épreuve, l’examinateur propose au candidat un extrait choisi parmi les lectures répertoriées dans le « descriptif des lectures et activités » (« textes de bac » ou « lectures analytiques ») ainsi qu’une question qui permet au candidat d’organiser et d’orienter son étude sans réciter son cours. Cette question porte sur l’ensemble du texte. Elle est écrite et amène le candidat à étudier, en lien avec l’objet d’étude ou les objets d’étude retenu(s), un aspect essentiel du texte. Elle est formulée avec clarté et évite toute utilisation abusive de termes techniques susceptibles de mettre le candidat en difficulté. Elle appelle une interprétation, fondée sur l’observation précise du texte. Si le candidat n’est pas sûr de bien la comprendre, il peut demander à ce qu’elle soit reformulée

En aucun cas le candidat n’est interrogé, pendant cette partie de l’épreuve, sur les lectures cursives ou les documents complémentaires. Officiellement, trois possibilités sont offertes à l’examinateur qui adapte ses attentes et son évaluation à la possibilité qu’il a retenue :

  • interroger sur un texte ayant fait l’objet d’une explication détaillée en classe figurant dans un des groupements de textes ;
  • interroger sur un extrait ayant fait l’objet d’une explication détaillée en classe tiré d’une des œuvres intégrales étudiées en classe ;
  • interroger sur un extrait n’ayant pas fait l’objet d’une explication en classe tiré d’une des œuvres intégrales étudiées en classe. En pratique, les examinateurs ne le font quasiment jamais (mais il faut toutefois garder à l’esprit que c’est autorisé par les textes officiels et être prêt à cette éventualité).

Dans son exposé, le candidat doit s’efforcer, non pas de faire une étude « complète » du passage proposé mais d’opérér des choix dans ce qu’il sait pour répondre avec rigueur, finesse et justesse à la question posée, à partir d’une observation précise du texte. Il fait une lecture à haute voix de la totalité ou d’une partie du texte à étudier, dans son introduction, entre la situation du passage et le rappel de la question posée. L’exposé est ordonné – que la démarche adoptée soit plutôt celle du commentaire ou celle de l’explication linéaire. Il faut constamment prendre appui sur le texte proposé par des citations analysées, sans se limiter à un simple relevé.

Dans cette partie de l’épreuve, l’examinateur évalue les points suivants :

  • sur le plan de l’expression
    • Lecture correcte et expressive
    • Qualité de l’expression et niveau de langue orale
    • Qualités de communication et de conviction
  • sur le plan de la réflexion
    • Compréhension littérale du texte
    • Prise en compte de la question
    • Réponse construite, argumentée et pertinente, au service d’une interprétation
    • Références précises au texte
  • sur le plan des connaissances
    • Savoirs linguistiques et littéraires
    • Connaissances culturelles en lien avec le texte

Entretien sur la séquence ou l’objet d’étude auquel le texte expliqué est lié

Pour la seconde partie de l’épreuve, l’examinateur engage un dialogue avec le candidat en s’appuyant sur :

  • les lectures cursives faites pendant l’année et relevant du même objet d’étude,
  • les textes complémentaires de la séquence,
  • l’œuvre intégrale ou le groupement de textes d’où le texte étudié pour la première partie de l’épreuve a été extrait,
  • l’objet d’étude auquel se rattache le texte étudié.

L’examinateur ouvre le plus possible cet entretien aux lectures et aux activités personnelles du candidat, telles qu’elles sont mentionnées sur le descriptif. Il s’appuie sur les propos du candidat et conduit un dialogue ouvert. Il évite les questions pointillistes.

Dans cet entretien, est évaluée la capacité du candidat à dialoguer, à expliciter les questions posées, à réinvestir ses connaissances en établissant des rapports et des comparaisons entre le texte étudié et l’un des autres éléments proposés, sans qu’il lui soit pour autant demandé d’établir des analyses exhaustives.

Par cet échange, l’examinateur cherche en particulier :

  • à ouvrir des perspectives ;
  • à approfondir et à élargir la réflexion du candidat ;
  • à évaluer ses connaissances sur l’œuvre ou l’objet d’étude ;
  • à apprécier l’intérêt du candidat pour les textes qu’il a étudiés ou abordés en lecture cursive ;
  • à tirer parti des lectures et activités personnelles du candidat.

Le candidat doit analyser les questions qui lui ont été posées, comprendre le travail qui lui est demandé, chercher des éléments de réponse appropriés, faire des choix, opérer des mises en relation claires, pertinentes et argumentées.

Dans cette partie de l’épreuve, l’examinateur évalue les points suivants :

  • sur le plan de l’expression
    • Aptitude au dialogue
    • Qualité de l’expression et niveau de langue orale
    • Qualités de communication et de conviction
  • sur le plan de la réflexion
    • Capacité à réagir avec pertinence aux questions posées pendant l’entretien
    • Qualité de l’argumentation
    • Capacité à mettre en relation et à élargir une réflexion
  • sur le plan des connaissances
    • Savoirs littéraires sur les textes, l’œuvre, l’objet ou les objets d’étude
    • Connaissances sur le contexte culturel

Aspects matériels de l’épreuve orale

Pour l’épreuve, le candidat doit obligatoirement apporter :

  • sa convocation
  • sa pièce d’identité en cours de validité
  • son exemplaire du descriptif des lectures et activités
  • un jeu de photocopies des textes, identique à celui qui a été adressé à l’examinateur ;
  • deux exemplaires des œuvres intégrales étudiées (les siens et ceux prêtés par un camarade).

Il  vivement conseillé de prendre également avec soi :

  • stylos, crayons, surligneurs pour écrire sur le texte. Le brouillon, en revanche, est fourni
  • une montre qui ne soit visiblement pas connectée ou un petit réveil pour gérer les 30 minutes de préparation et les 10 minutes d’explication
  • éventuellement, des bouchons d’oreille pour le temps de préparation si l’on craint d’être distrait par l’oral du candidat qui passe pendant son propre temps de préparation (NB. si vous prévoyez d’en utiliser, prévenez tout de même l’examinateur, qu’il n’ait pas à hurler et à vous appeler dix fois lorsque viendra votre tour…)

L’examinateur, de son côté, dispose d’une fiche d’évaluation pour chaque candidat. La question et les références du passage à étudier y sont indiquées en début d’épreuve. Le candidat en a connaissance à ce moment-là et la signe avant de commencer sa préparation. Après la prestation, l’examinateur porte sur cette fiche ses appréciations pour chaque partie de l’épreuve ainsi que le nombre de points sur 10 attribué à la première partie et à la seconde partie. Il signe à son tour la fiche complétée. Seule la note globale sur 20 est reportée sur le bordereau de notation et portée à la connaissance des candidats au moment des résultats. Il est possible, en cas de contestation, de demander une copie de ce bordereau pour vérifier qu’il n’y a pas eu d’erreur de saisie, mais l’évaluation en elle-même ne peut être modifiée, le jury (composé de l’examinateur et de ses collègues, qui valident ses résultats au moment de l’harmonisation, en fin de session) est souverain et ses décisions ne peuvent être mises en question.


 

© 2010 Claire Sicard. Tous droits réservés