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Ouvrages en projet

Essai

– Poésie et rapports sociaux autour de la Cour de France (1538-1560), thèse lauréate du Prix de l’Université du Conseil général du Val de Marne 2014 (second prix ex aequo), en cours de publication chez Droz.

En 1538, Marot publie ses Œuvres. En 1560, c’est au tour de Ronsard de donner une édition collective. Entre ces deux dates, se succèdent sur le trône François Ier, Henri II et François II. Sous ces trois règnes, la cour change, de même que la relation entre les puissants et les nombreux auteurs de vers. Les transformations sociales qui s’opèrent ont une incidence sur l’esthétique et les modes de diffusion adoptés par les poètes. L’objet de ce travail, à paraître aux éditions Droz, est de voir, dans une véritable comédie humaine liée par l’usage du vers et les rapports à la cour, comment se constituent des réseaux, comment les poètes s’en servent pour prendre leur place dans la société, comment cette sociabilité se manifeste dans leurs œuvres et en quoi les transformations esthétiques sont en partie liées à des modifications d’ordre social.
La réflexion est d’abord centrée sur la cour et sur le rapport qu’entretiennent les poètes avec le prince et son entourage, selon qu’ils en sont proches ou, tout au contraire, se sentent éloignés malgré eux de ce milieu. La question du don et du contre-don, au cœur des relations sociales entre les auteurs et leurs protecteurs mais aussi leurs pairs, est ensuite envisagée. Les relations avec les pairs, amicales ou conflictuelles, témoignent enfin de la place des auteurs dans le paysage curial et poétique mais contribuent également à l’élaboration de projets esthétiques contrastés, permettant à certains, comme Ronsard, d’imposer leur figure d’auteur, tandis que d’autres, comme Mellin de Saint-Gelais, s’emploient à en effacer les contours.

1538, Marot publishes his Œuvres. In 1560, it’s time for Ronsard to have a complete edition published. Between those two dates François 1st, Henri II and François II will follow each other on the throne. Under those three reigns, there are changes at the court and in the way the powerful relate to the numerous verse writers. The social and anthropological  changes which take place have an influence on the aesthetic, the means of publication adopted by the poets. The purpose of this work is to show , within a real human comedy combining the use of verses and court relastionship, how networks are elaborated, how poets use them to take their own position in the society, how these social relations appear in their written work  and what aesthetic transformations are implied by the schanges in the society.
The study is first based on the court and on the relationships that poets can have with the prince and the people around him, depending on how close or on the contrary how left aside from this milieu they are or have the feeling they are. Then we will tackle the question of the gift and the counter-gift, which is at the core of the social relations initiated by the authors with their protectors as well as with their pears. Eventually we will analyse the way the relationships with the pears, friendly or conflictual, account for the position of authors in  the curial and poetic environment as well as they contribute to the elaboration of contrasted aesthetic projects, enabling some, such as Ronsard, to impose their image as authors while others like Saint Gelais try their best to blur it.

Édition de textes

– Mellin de Saint-Gelais, Œuvres, éd. Claire Sicard et Pascal Joubaud, Paris, Classiques Garnier, coll. Scriptorium, à paraître (édition papier complétée par un dispositif multimédia).

L’édition des Œuvres de Mellin de Saint-Gelais pose d’importantes difficultés. Cet auteur s’est en effet refusé à entrer dans la logique de l’édition collective comme dans celle de la construction d’une figure auctoriale aux contours nettement dessinés que Marot puis Ronsard ont contribué à imposer à son époque. Depuis la fin du XVIsiècle (Harsy en 1574, puis La Monnoye en 1719, Blanchemain en 1873 et Stone en 1993-95), la plupart des éditeurs du poète, à la suite d’ailleurs du copiste P.D.M.P du ms. BN. fr 878, ont tenté de faire entrer son œuvre mouvante dans ce moule, pourtant rejeté par Saint-Gelais lui-même.
Malgré le mérite certain de ces ouvrages, il a donc semblé nécessaire de reprendre le travail à nouveau frais. Pascal Joubaud et moi-même avons tout d’abord considéré qu’il était indispensable de s’appuyer, davantage que n’avaient pu le faire les éditions antérieures, sur les nombreux manuscrits contenant des pièces attribuées à Saint-Gelais, mais aussi sur les imprimés polygraphiques et les livres de musique. Ce travail minutieux de recherche et de comparaison des leçons permet en effet de mettre au jour quelques inédits et de nouvelles variantes, d’affiner le degré de certitude de l’attribution des pièces au poète, mais aussi d’avancer des propositions de datation. Il nous paraît en outre opportun d’utiliser à la fois le support traditionnel de l’imprimé et les nouvelles ressources numériques, fournies notamment par l’encodage TEI, afin de transposer avec plus de justesse les modes de diffusion originaux des œuvres de celui qui, de son vivant, était considéré comme l’un des plus grands poètes de son temps mais qui, choisissant « Vie pour [lui] et non pour [ses] escriptz » est depuis tombé dans l’oubli.

– Michel d’Amboise, Le Secret d’Amours (1542), éd. Claire Sicard, in Œuvres complètes de Michel d’Amboise, dir. Sandra Provini, Paris, Champion, à paraître en 2019.

Le Secret d’Amours est une œuvre étonnante, alternant poésie et prose. Elle explore toutes les possibilités offertes par l’épître amoureuse, dans la tradition des Heroïdes d’Ovide, qu’Amboise a également traduites (éd. Sandra Provini en préparation), mais aussi dans la lignée des nombreux ouvrages publiés dans les années 1540 autour de la « Querelle des Amyes ». Cette édition prendra place dans les Œuvres complètes de Michel d’Amboise à paraître sous la direction de Sandra Provini. John Nassichuk, Richard Cooper, Sylvie Fontaine, Guillaume Dinkel, Xavier Bonnier, Pauline Dorio et Alice Vintenon participent également à ce projet.
L’édition papier des Œuvres complètes sera complétée par la mise en ligne des textes non annotés sur un site dédié hébergé par le CÉRÉdI. On pourra y lire tous les textes en version diplomatique et régularisée. Pour les traductions, le texte d’Amboise sera mis en relation avec les textes latins ou italiens originaux. Je suis chargée de la mise en œuvre de ce volet de l’entreprise, en collaboration avec Pascal Joubaud, Hélène Hôte et Thibaut Guichard.

– François Sagon, Recueil des estrenes pour l’an present 1538, [Paris, Denis Janot], 1538 [1539 n.s.], édition numérique, 2017-2018.

Cette plaquette d’étrennes, restée inédite depuis le XVIsiècle et dont l’unique exemplaire subsistant est conservé à la Bibliothèque Municipale de Versailles (fonds Goujet in-8 36) fait l’objet d’un encodage TEI et d’une édition en ligne consultable à l’adresse suivante : http://www.telleme.fr/content/Sagon_Etrenes.xml.

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Co-direction d’un numéro de revue

Rabelais : Gargantua et le Quart Livre,  dir. Anne Debrosse, Adeline Lionetto, Claire Sicard et Aurélia Tamburini, Le Verger, n° 1, revue en ligne du site Cornucopia, janvier 2012.

Ce premier numéro du Verger rassemble dix-huit contributions de chercheurs internationaux. Il est composé

  • d’une introduction signée par les co-directrices du numéro,
  • d’une première section consacrée à Gargantua (articles de Claude La Charité, UQAR ; Nathalie Hervé, U. de Nantes ; Nancy Frelick, University of British Columbia ; Maria Proshina, U. Tours-François Rabelais ; Alice Vintenon, U. Paris-Ouest Nanterre et Claire Sicard, U. Paris-Diderot),
  • d’une deuxième consacrée au Quart Livre (articles d’André Tournon, U. de Provence ; Tristan Vigliano, U. Lyon 2 – UMR 5037 ; Aya Kajiro, Société japonaise pour la promotion de la science ; Louise Millon, U. Paris-Sorbonne Nouvelle ; Pascale Mounier, U. Lyon 2 et Nicolas Correard, U. de Nantes),
  • d’une troisième portant sur les deux œuvres (articles de Bérengère Basset, U. Toulouse-Le Mirail ; Barbara Bowen, Vanderbilt University et Julien Verger, U. Bordeaux 3)
  • et d’une quatrième proposant ouvertures et prolongements (articles d’Aline Strebler, médecin, avec la collaboration d’AdelineLionetto, U. Paris-Sorbonne et Ivana Velimirac, poète, traductrice, U. Paris-Sorbonne).

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Contributions à des ouvrages collectifs

« Ronsard et son coup de Jarnac », Histoire(s), actes du séminaire Polysémie de l’ENS (2012), dir. Rachel Darmon, Adeline Desbois, Arnaud Laimé et Alice Vintenon, Paris, Classiques Garnier, 2016, p. 197-218.

Initié à l’invitation d’Alice Vintenon, ce travail présenté le 24 mai 2012 à l’ENS examine la manière dont Ronsard, dans son Ode I, 8, traite du duel qui a opposé Guy de Chabot, baron de Jarnac, à La Chastaigneraie en 1547. Il montre comment le poète s’affranchit du récit pour présenter cet épisode contrariant pour son dédicataire principal, Henri II, d’une manière tout à la fois habile et provocatrice. L’ode s’insère ainsi dans la paradoxale stratégie de séduction par l’offense que le poète met en place dans son premier recueil.

– Notices « Immortalité », « Humilité » et « Orgueil », Dictionnaire de Pierre de Ronsard, dir. F. Rouget, Paris, Champion, 2015.

« Saint-Gelais prête-voix », La Muse de l’éphémère. Formes de la poésie de circonstance de l’Antiquité à la Renaissance, dir. Aurélie Delattre et Adeline Lionetto, Paris, Classiques Garnier, « Études sur la Renaissance latine », 2014, p. 301-316.

D’abord présentée dans le cadre du colloque international organisé les 9 et 10 décembre 2010 en Sorbonne par Aurélie Delattre et Adeline Lionetto, cette étude examine la manière dont Mellin de Saint-Gelais use de la première personne du singulier dans ses pièces de circonstances, qu’elle le représente ou non. Elle montre notamment que – par un phénomène de vases communicants, ou peut-être de rééquilibrage – plus le je paraît proche de Saint-Gelais lui-même, plus il semble fictif et dépersonnalisé. Tout au contraire, plus ce je est a priori éloigné de l’auteur voire vidé de toute identification précise, plus il s’accorde avec l’esthétique d’un poète de cour qui, par le biais de l’image du prophète, se représente comme une instance de médiation entre un eux et un vous.

– « Les petits ruisseaux font les grandes fontaines : Charles Fontaine et sa muse marchande ». Charles Fontaine, un humaniste parisien à Lyon, dir. Élise Rajchenbach-Teller et Guillaume De Sauza, Genève, Droz, 2014, p. 201-218.

Ce travail porte sur la question de l’argent dans l’œuvre de Charles Fontaine durant la décennie 1550. Il montre de quelle façon s’exprime la tension entre tradition et modernité dans laquelle se trouve pris le poète parisien installé à Lyon. Ses textes témoignent en effet de logiques concurrentes, dont les équilibres sont en train de changer dans la société du temps. Certes, Fontaine, de façon traditionnelle, rejette parfois l’argent et valorise le cycle du don et du contre-don. Mais dans d’autres pièces, il n’hésite pas à rendre compte – parfois crûment – de sa fragile condition financière, voire à s’inscrire dans la logique marchande qui tend à s’imposer en cette période du premier capitalisme.

« Mellin de Saint-Gelais mis en musique par Clément Janequin », Clément Janequin : un musicien au milieu des poètes, dir. Isabelle His, Olivier Halévy et Jean Vignes, Paris, Société française de musicologie, 2013, p. 317-332.

Cet article prend place dans les actes du colloque international Clément Janequin : un musicien au milieu des poètes organisé par l’U. Paris-Diderot et la BnF, les 25 et 26 mars 2010. Son propos est d’examiner quels poèmes de Saint-Gelais Janequin a mis en musique, quels principes semblent avoir présidé à son choix et la façon dont le compositeur s’est approprié le texte poétique afin d’en proposer une interprétation voire une véritable réécriture. Il permet également de réfléchir à la manière dont Saint-Gelais envisage la diffusion de son œuvre.

« Du miel et du fiel dans Les Amours de Ronsard (1552) », Saveurs-Savoirs, dir. Jean-Christophe Delmeule, Lille, éd. du Conseil Scientifique de l’U. Charles-de-Gaulle, coll. UL3 – Travaux et recherches, 2010, p. 103-111.

Publié dans les actes du colloque international de littératures francophones et françaises Saveurs-Savoirs (Lille, 17-19 octobre 2007), cet article étudie le motif du miel et du fiel dans la première édition du recueil des Amours de Ronsard. Il rappelle que, dans un contexte culturel où l’esprit prime sur le corps, où, dans la hiérarchie des sens, le goût est peu valorisé, les images gustatives de Ronsard lui permettent certes d’exprimer une sensualité érotique qui le distingue quelque peu de ses contemporains, mais surtout d’accommoder d’autres « viandes » relevant davantage du savoir que de la saveur. C’est en effet à des modèles latins, grecs et italiens que le poète emprunte ce motif, et c’est ce qui lui confère une forme de noblesse.

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Articles et communications parus dans des revues

– Joubaud Pascal et Sicard Claire, « En tirant le fil de Bonaventure de Saint-Léger dans la poésie de Mellin de Saint-Gelais », Seizième Siècle, « Varia », 2018, p. 169-190.

Cet article fait le point sur la présence de Bonaventure de Saint-Léger dans la poésie de Saint-Gelais : en l’état de nos connaissances, quelle est l’étendue du corpus de textes qui la mentionnent ou lui sont adressés ? Qui est Bonaventure de Saint-Léger ? Comment Saint-Gelais, au-delà d’une pratique de cour, badine et aimable, s’empare-t-il du nom de cette dame pour en faire un objet poétique en accord avec une esthétique qui met en question l’identité ?

– Joubaud Pascal et Sicard Claire, « Le manuscrit français 2336 de la BnF, une source oubliée pour les poésies de François Ier et de Marguerite de Navarre », BHR, 2016 (n° 78|1), p. 91-108.

La seconde section du ms. B.N. fr 2336 est constituée par un recueil de poésie française qui n’a jusqu’ici pas été exploité par les chercheurs s’intéressant à la poésie de cour des années 1540. Il  contient pourtant un nombre significatif de pièces du roi et de sa sœur, ainsi que de poètes gravitant dans l’entourage royal (Marot, Saint-Gelais, Claude de Bombelles). Il offre quelques versions inédites de poèmes connus et peut-être aussi un inédit de Marguerite de Navarre. L’article les présente et décrit l’organisation de la section.

« « J’irai cracher sur vos tombes » : l’étonnant hommage de Du Bellay à Saint-Gelais », Savoir vivre et grossièreté, dir. Sylvie Laigneau-Fontaine, revue en ligne de l’U. Paris-Sorbonne Camenae n°19, 2016, np.

À la mort de Saint-Gelais, suivie de près par celle du roi Henri II, Du Bellay profite des quelques feuillets restés vierges dans l’imprimé du tombeau qu’il consacre au monarque pour rendre un dernier hommage, en latin, à un poète avec lequel il a, depuis son entrée dans la carrière des Lettres, entretenu des relations ambiguës, de haine, de jalousie et d’admiration mêlées. Ce travail s’interroge sur la persistance de cette ambiguïté dans l’offrande apparemment civile d’un bref tombeau qui surprend par des choix que l’on peut considérer au moins comme maladroits et qui témoignent peut-être d’une forme de perfidie.

« Picrochole au miroir de Charles Quint », Le Verger, n° 1, revue en ligne du site Cornucopia, 2012, np.

En 2011-2012, Gargantua était inscrit au programme de Littérature française des classes de terminale littéraire. Co-organisatrice à l’U. Paris-Diderot d’une matinée d’étude à destination des enseignants et des élèves de ces classes, j’ai prononcé cette communication le 3 décembre 2011. Elle a fait l’objet d’une publication dans le numéro du Verger que je co-dirigeais. L’article s’intéresse à la nature des rapports liant Picrochole et Charles Quint. Au travers de trois axes – la question de la complexion colérique et mélancolique, la manière dont la devise de l’empereur, « Plus ultra », innerve le récit et enfin le problème politique et philosophique du désir de conquête universelle – l’article montre que si le personnage de Rabelais n’est pas une simple caricature d’un modèle historique, il entretient néanmoins des liens étroits avec la figure de l’empereur.

«  (15)42, année fantastique. Imaginaire et politique dans Les Visions d’Oger le Dannoys au royaulme de Fairie, Le Livre des visions fantastiques et Le Songe de Pantagruel de François Habert », La Fantaisie, dir. Nicolas Correard, Christine Pigné et Alice Vintenon, revue en ligne de l’U. Paris-Sorbonne Camenae n° 8, 2010, np.

Ce travail s’intéresse à une année particulière de la production poétique de François Habert, 1542. Les œuvres retenues ont en commun d’être placées sous le signe de la fantaisie. L’article examine la conception qu’en a le poète ainsi que le rôle qu’il lui assigne. Il montre que les visions fantastiques, qui engagent un questionnement philosophique sur les rapports entre le corps et l’âme, mais aussi sur la possibilité de distinguer le vrai du faux, s’articulent dans cette œuvre à une réflexion d’ordre politique et religieux. Habert tisse ainsi, sur le mode de l’argumentation indirecte et de l’apologue, une sorte de « miroir du prince » qui ne dit pas son nom.

« D’une noblesse l’autre : stratégies poétiques pour une imposture généalogique, le cas de Ronsard », actes du colloque international L’Imposture, dir. Jean-Christophe Delmeule, revue en ligne de Littérature comparée, La Tortue verte, 2010, p. 20-30.

Alors qu’il appartient à une famille engagée dans un processus d’« anoblissement taisible », selon les termes de l’historien George Huppert, Ronsard se présente volontiers comme issu d’une noblesse ancienne dans ses textes aussi bien que sur les pages de titre de ses recueils et œuvres collectives. À l’occasion du colloque international de littératures françaises et francophones consacré par Jean-Christophe Delmeule à la question de l’imposture, les 27, 28 et 29 octobre 2009 à Lille, cette communication se proposait d’examiner la stratégie poétique et éditoriale mise en place par le Prince des poètes français pour imposer à ses contemporains comme à la postérité l’idée de sa noblesse de sang, gagée sur sa noblesse de plume.

« « Tu t’en iras sans moi voir la court de mon Prince » : l’exil chez Marot et Du Bellay », actes du colloque international Le Bannissement et l’exil aux XVIet XVIIsiècles en Europe, dir. Pascale Drouet et Yan Brailowsky, La Licorne, n° 94, Rennes, Presses de l’Université, 2010, p. 197-216.

Prononcée dans le cadre du colloque international de Nanterre organisé le 9 octobre 2009, cette communication, publiée l’année suivante dans les actes, compare la manière dont Marot et Du Bellay envisagent leur éloignement de la cour de France. Le premier vit deux périodes d’exil, lié à sa réputation en matière religieuse, en 1534-1536 d’abord, puis de 1543 jusqu’à son décès en 1544. Le second réside à Rome entre 1553 et 1557. Si ce séjour n’est pas au sens strict un exil, dans Les Regrets le poète le représente toutefois ainsi, notamment en se référant, tout comme Marot, aux Tristes d’Ovide. Les deux poètes, malgré leurs différences esthétiques, montrent que cette expérience cause la perte de leur voix mais leur permet aussi de retrouver un chant nouveau. Le bouleversement de l’exil fait paradoxalement surgir de la servitude et de la contrainte un espace de liberté où s’expriment les visions politique et religieuse des poètes, bien différentes cette fois.

« La Carole des Rondeaux dans L’Adolescence clémentine de 1538 », L’Information littéraire, Paris, Les Belles Lettres, 2007|2, p. 16-21.

À l’occasion de l’inscription de cette œuvre de Marot au programme de l’agrégation, cet article proposait une étude des « Rondeaux » de la seconde édition de l’Adolescence clémentine. Il y est montré que la circularité qui préside au genre se répercute au sein des pièces aussi bien que dans l’organisation de cette section du recueil, la rattachant de ce fait à la relation entre microcosme et macrocosme chère aux humanistes de la Renaissance.

« La Querelle des femmes en paroles et en actes dans Le Livre du Courtisan de Castiglione », Acta Iassyensia Comparationis, n° 4, Le Pouvoir, U. de Iasi (Roumanie), Dpt de littérature comparée et d’esthétique, 2006, p. 25-32.

Dans le contexte de la Querelle des femmes, cet article étudie le statut de la « dame de palais » dans Le Livre du Courtisan de Castiglione en s’intéressant à la fois à ce que le dispositif de l’ouvrage dit de la place des femmes participant aux échanges, et aux positions « gynophiles » ou misogynes que défendent les interlocuteurs au cours des débats. Il montre en particulier l’ambivalence de Castiglione sur ces questions : si le point de vue favorable aux femmes semble l’emporter, l’argumentaire misogyne paraît toutefois plus efficace.

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Articles à paraître et communications en préparation

–  « Polyphonie et réseaux de sociabilité dans L’Adolescence clémentine », Journée d’agrégation, Université Paris-Diderot et Paris-Sorbonne nouvelle (Paris, 30 novembre 2018).

Cette communication, destinée à un public d’agrégatifs, se propose de faire le point sur la présence d’échanges dialogués dans L’Adolescence clémentine et sur la façon dont le recueil de poésie peut être, à la Renaissance, un lieu de sociabilité, où les réseaux se confortent, s’exhibent et participent à l’élaboration de l’image que le poète entend donner de lui.

–  « Aux marges des Blasons anatomiques du corps féminin : le cas Saint-Gelais », Autour de Marot et des recueils collectifs. Configurations du champ poétique français à la lumière des recueils des Blasons anatomiques (1536-1537), Journée d’étude à l’Hôtel de Lauzun (Paris, 8 novembre 2018).

Mellin de Saint-Gelais est absent du recueil des Blasons anatomiques du corps féminin, alors même qu’il est réputé avoir écrit deux poèmes sur l’œil et la chevelure qui sont communément considérés comme des blasons. Cette communication reviendra sur la datation de ces pièces, posera la question de leur genre ainsi que de leur rapport avec l’édition des Blasons anatomiques et, en particulier, avec les autres blasons consacrés aux mêmes parties du corps. C’est à partir de ces études textuelles, de l’examen des différents témoins comme des informations dont nous disposons sur les réseaux sociaux de Mellin de Saint-Gelais à la fin des années 1530 que l’on pourra tenter de déterminer comment le poète de cour s’est positionné par rapport à l’initiative lancée, depuis son exil italien, par Clément Marot.

– « Savoir compter, savoir classer : de quelques problèmes de structure dans les livres de poésie de la Génération Marot », colloque L’imperfection, organisé par Sylvie Laigneau-Fontaine et Xavier Bonnier (Dijon, 22-24 mars 2018), actes à paraître en 2020.

Cette intervention porte sur un phénomène fréquemment observable dans les livres de poésie des années 1530-1540, qu’ils soient manuscrits ou imprimés : le décalage manifeste entre un principe générique (annoncé et/ou déductible de la façon dont un manuscrit modèle est utilisé) et le contenu effectif observable dans la section. Cela peut apparaître au lecteur contemporain comme des imperfections mais ce phénomène nous amène surtout à interroger la façon dont les copistes, imprimeurs et éventuellement auteurs envisagent les genres poétiques comme la composition du recueil.

– « Pour une approche globale des anthologies poétiques manuscrites : l’exemple du BnF fr 2335 », Printemps des poètes 2018, Séminaire à Paris-Sorbonne (Paris, 23 février 2018), actes à paraître.

Le manuscrit BnF fr 2335 (c. 1533) est intéressant à plusieurs titres, en particulier sur le plan de l’organisation sous-jacente de l’anthologie poétique qui paraît influencée par les récentes innovations de Clément Marot dans l’imprimé. Par ailleurs, de nouvelles attributions de pièces procèdent de l’analyse de la composition de ce manuscrit et notamment de celle de l’utilisation très particulière que le copiste fait des initiales désignant les auteurs – tantôt avant, tantôt après le poème selon la section concernée.
Jusqu’ici, les critiques qui se sont penchés sur ce manuscrit (A.-M. Best pour son édition de Chappuys, J. Kane pour François Ier etc.) l’ont fait en s’intéressant à un poète en particulier dont ils éditaient l’œuvre ou – pour Defaux éditant les Fleurs de Poésie françoyse – à un corpus limité de pièces. Tous considéraient que le manuscrit n’était pas une source fiable. Or la prise en compte du recueil dans son ensemble, l’intérêt porté à ses principes d’organisation permettent de voir que, loin d’être peu ou mal informé quant à l’identité des auteurs des pièces qu’il collecte, le copiste de ce manuscrit nous livre au contraire des informations qui ont l’air particulièrement pertinentes.

– « Le Secret d’amours (1542) comme témoignage de la culture de Michel d’Amboise », Éditer Michel d’Amboise, première Journée d’étude organisée par Sandra Provini, U. Rouen (Rouen, 26 avril 2017), à paraître dans la revue en ligne Camenae (automne 2018).

Travailler à l’édition du Secret d’amours de Michel d’Amboise permet de repérer une partie des références culturelles de cet auteur de la « Génération Marot ». À partir de quelques exemples qui trouveront toute leur place dans l’appareil critique de l’édition à venir, cette présentation examine également la façon dont les éléments culturels médiévaux, bibliques et antiques (grecs comme latins), s’articulent dans le Secret d’amours, se contaminent les uns les autres, se renouvèlent mais contribuent aussi à construire auprès du lecteur l’image d’un auteur qui, pour être humble, n’en est pas moins savant.

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Communications non publiées 

– « Le point sur l’encodage des œuvres de Michel d’Amboise en XML-TEI », Éditer Michel d’Amboise, troisième Journée d’étude consacrée à l’édition des œuvres de Michel d’Amboise, organisée par Sandra Provini, U. Rouen (Rouen, 6 juin 2018).

Cette intervention fait le point sur le protocole adopté pour le volet numérique de l’édition des Œuvres complètesde Michel d’Amboise. Il s’agit notamment d’informer les autres membres de l’équipe de la façon dont les textes qu’ils éditent seront encodés afin que les fichiers de base qu’ils seront amenés à fournir pour la mise en ligne puisse facilement être traités.

– « ‘Laissez la verde couleur’ dans (presque) tous ses états », Chante mon Luth…’ Poésie et Musique au début de la Renaissance, entre France et Italie, Journée d’étude organisée par Paola Cifarelli, U. de Turin (Turin, 18 décembre 2017). Texte et présentation reproduits dans le carnet de recherche Démêler Mellin : https://demelermellin.hypotheses.org/4717.

Cette communication présente de façon synthétique l’ensemble des 31 témoins manuscrits, imprimés et musicaux de la célèbre chanson de Saint-Gelais pour faire le point sur les transformations successives subies par le texte comme par la musique, mettre en évidence le stemma codicum mais aussi déterminer de quelle manière cette chanson s’inscrit dans une tradition. La pièce se trouve ainsi replacée dans un contexte plus large qui inclut en particulier l’utilisation de son air en guise de timbre ainsi que les œuvres ultérieures d’autres poètes, tels que Jacques Béreau ou Pierre de Ronsard, qui se réfèrent plus au moins directement au texte de Saint-Gelais.

– Éditer Michel d’Amboise, deuxième Journée d’étude consacrée à l’édition des œuvres de Michel d’Amboise, organisée par Sandra Provini, U. Rouen (Rouen, 23 octobre 2017).

Participation à la table ronde sur « les animaux ordinaires et extraordinaires dans la poésie de Michel d’Amboise » (avec Sandra Provini) et à l’atelier « Édition numérique » (avec Hélène Hôte et Thibaut Guichard).

– « Les relations sociales dans Les Regrets de Du Bellay », intervention dans le cadre de la journée d’étude consacrée au programme des classes préparatoires littéraires, organisée par Marie-Claire Thomine, U. Paris-Sorbonne (Paris, 13 décembre 2014).

Cette intervention, destinée aux étudiants de khâgne et à leurs professeurs, propose une typologie des cinquante-six destinataires nommés dans Les Regrets. Une base de données mise à la disposition des auditeurs permet d’observer en quoi la catégorie à laquelle on peut rattacher les destinataires (pratique ou non de la littérature, pratique ou non du mécénat, rang social, présence ou non à Rome etc.) joue sur les modalités de l’adresse retenues par le poète.

– Khattabi Nahéma et Sicard Claire, « Ayons plus d’une corde à notre lyre. Un exemple de collaboration entre littéraire et musicologue », séminaire Musique, Lettres et Sciences humaines : regards croisés de l’ENS, org. Fanny Gribenski, Martin Guerpin et Louis Delpech (Paris, 3 avril 2012).

Dans cette communication à deux voix prononcée à l’ENS, Nahéma Khattabi et moi-même avons présenté une réflexion générale sur la façon de mener un travail conjoint en musicologie et littérature. Pour cela, nous nous sommes appuyées sur les exemples des mises en musique de Mellin de Saint-Gelais et de Ronsard dans la seconde moitié du XVIsiècle.

– Khattabi Nahéma et Sicard Claire, « Mellin de Saint-Gelais en voix de ville », séminaire Chorea de l’Université Paris-Sorbonne, org. Adeline Lionetto (Paris, 5 novembre 2011).

Cette intervention dans le séminaire Choréa a inauguré ma collaboration avec Nahéma Khattabi. Il s’agissait d’étudier le parcours des mises en musique d’une célèbre chanson de Mellin de Saint-Gelais, « Laissez la verde couleur » et de voir comment les compositeurs de la seconde moitié du XVIsiècle s’approprient dans leurs adaptations et interprétations du poème les débats poétiques des années 1550, sur le mode du voix de ville.

« Le Discours de la court (Chappuys, 1543) et l’Ample discours au roy sur le faict de ses quatre estats (Du Bellay, 1559) : variations sur l’harmonie du corps politique », Colloque international Les Écrivains à la cour en Europe, XVIe-XVIIIesiècle, org. Emmanuel Bury (Versailles – Saint-Quentin en Yvelines, 25-27 septembre 2008). Captation de la communication.

L’objet de ce travail était de montrer, au travers de la comparaison de deux discours, l’un composé par Claude Chappuys, poète marotique du règne de François Ier, l’autre comptant parmi les dernières œuvres de Joachim Du Bellay et adressé au jeune François II, quelle image de la cour et de la relation à leur prince offrent ces deux auteurs de générations et d’esthétiques différentes.

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Recensions

François Habert, poète français (1508 ?–1562 ?), études réunies par Bruno Petey-Girard avec la collaboration de Sylviane Bokdam, Paris, Champion, coll. Colloques, congrès et conférences sur le XVIsiècle, 2014 – Compte-rendu publié dans R.H.L.F., n° 2 – 2015.

– Compte-rendu des communications d’Yves HersantNadeije Laneyrie-Dagen et Pierre Vilar prononcées à l’occasion de l’exposition « Cranach et son temps » (Paris, Musée du Luxembourg, avril 2011) : dossier initialement publié sur le site Cornucopia.

« Rabelais au plus juste », Magazine littéraire, « Critique Non-fiction », mars 2011, p. 42 (Mireille Huchon, Rabelais, Paris, Gallimard, Biographies Nrf, 2011).

« « Et ils seront deux dans une seule chair » », Acta Fabula, sept. 2007 (Lise Wajeman, La Parole d’Adam et le Corps d’Ève. Le péché originel au XVIsiècle, Genève, Droz, 2007).

« Ronsard : le sang et l’amour », Acta Fabula, mai 2006, (Marc Carnel, Le Sang embaumé des roses, Genève, Droz, 2005).

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Vulgarisation

– 2016 : création et présidence de l’association « 1524-2024 : 500anniversaire de la naissance de Ronsard »

Cette association 1901 se donne pour objectif d’organiser des manifestations scolaires, universitaires, culturelles et festives pour célébrer le demi-millénaire du poète Pierre de Ronsard, le 11 septembre 2024, mais aussi de collecter et de diffuser des informations en lien avec cet événement.

– 2011-2012 : collaboratrice occasionnelle du Magazine littéraire.
Sélection d’articles portant sur le XVIsiècle :

  • « La fureur de Ronsard », Les Impensables du Magazine littéraire | Ce que la littérature sait de la folie, oct. 2012, p. 56.
  • « Ronsard. L’éternité du chant amoureux », Hors série L’épreuve anticipée du Bac de français. Les clés de la réussite, 2012, p. 62-63.
  • « En dehors des rangs » et « En ordres de bataille », Dossier Rabelais, sept. 2011, p. 66-67 et p. 85-86.

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